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INTERPRÉTATION MUSICALE

INTERPRÉTATION DE LA MUSIQUE - INTERPRÉTATION MUSICALE À LA CLARINETTE

Clarinette


L'INTERPRETATION EN MUSIQUE - SOMMAIRE

INTERPRÉTATION - DÉFINITION DE L'INTERPRÉTATION - DEFINITION DE L'INTERPRETATION MUSICALE - PHILOSOPHIE DE L'INTERPRÉTATION : INTERPRÉTATION MUSICALE IMMANENTE OU TRANSCENDANTE - HISTOIRE DE L'INTERPRETATION - INTERPRÉTATION EN MUSIQUE CLASSIQUE - INTERPRÉTATION EN JAZZ - L'INTERPRÉTATION MUSICALE À LA CLARINETTE - EFFETS ET NUANCES D'INTERPRÉTATION - EFFETS D'INTERPRÉTATION - NUANCES D'INTERPRÉTATION - LES NUANCES LA CLARINETTE - LES NORMES ET CODES D'INTERPRÉTATION DANS LE JAZZ : SWING, IMPROVISATION, EXPRESSIVITÉ, FEELING -L'ART D'INTERPRÉTATION GLOBALE ET LA MUSICALITÉ - MASTER CLASS D'INTERPRÉTATION CLARINETTE


CLARINETTISTES ! VISITEZ NOS 23 PAGES SUR LA CLARINETTE, INSTRUMENT DE MUSIQUE UNIQUE

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DÉFINITION DE L'INTERPRÉTATION

L'interprétation est l'action de donner une signification claire à quelque chose d'obscur, d'incompréhensible. On parle ainsi de l'interprétation d'un texte, d'une loi, d'un rêve, d'une allégorie, etc., pour dire qu'on veut expliciter leur sens confus. Mais comme nous le verrons plus loin, les choses ne sont pas aussi simples.

DÉFINITION DE L'INTERPRÉTATION MUSICALE

L'Interprétation Musicale Désigne l'Exécution Sonore de la Partition d'une Oeuvre Écrite, En Tenant Compte de l'Expression, Part de Création des Interprètes Lors de Cette Restitution: Interprétation En Musique Classique, En Jazz. L'Interprétation à la Clarinette : L'Art des Nuances Et La Musicalité

L'écriture d'une partition est parfaitement claire et intelligible. Mais tant qu'elle n'est pas accomplie en associant des sons physiques aux notes, elle n'est pas encore de la musique. Elle n'est à ce moment-là qu'un programme, comparable à un plan d'architecte, pas le beau bâtiment fini.

Aussi l'interprète a-t-il la difficile mission d'extraire le mystère de l'œuvre et de le faire éclore pour que s'exprime la magie de la musique.

Si le "déchiffrage" ou "l'exécution" permettent de rendre sonore la partition, l'interprétation évoque d'avantage la manière dont la pièce est jouée, voire l'émotion qui en résulte.

PHILOSOPHIE DE L'INTERPRÉTATION

Nous venons de voir qu'interpréter signifie dégager le sens d'une idée, le rendre intelligible. Mais interpréter veut aussi dire le déformer, voire le travestir. C'est de là que sont parties les incessantes polémiques en musique et littérature : "traduttore traditore" "Trducteur, traître" veut dire qu'une traduction littéraire ou une interprétation musicale peut toujours trahir la pensée originelle de son auteur.

L'écriture et l'interprétation musicale appellent à une reflexion philosophique complexe et approfondie, sur essence et objet de la MUSIQUE.

HISTOIRE DE L'INTERPRÉTATION AU COURS DES SIÈCLES

Histoire de l'interprétation en Musique à la Clarinette

Le verbe interpréter désigne aujourd'hui l’art du musicien à développer une "restitution sonore" de l'oeuvre écrite du compositeur, et d'en exprimer ainsi la musique. Car la musique c'est de l'audible, donc de l'humain : des sons, des silences et des rythmes conjugués de telle sorte à faire grandir une émotion esthétique.

Là que se pose la difficulté du rôle de l'interprète: jusqu'où celui-ci peut-il s'éloigner dans son jeu, des notations de l'écriture du Maître ?

Tout au long du Moyen Age l’improvisation collective tenait une place fondamentale. Les musiques du XVII et XVIIIème siècle, Renaissance et Baroque, avec la basse continue, laissaient une place relativement libre à l'interprète, et l'incitaient même à improviser.

Durant la période classique, on employait le terme "exécuter", pour concrétiser la transcription sonore alors très stricte du texte musical.

À partir de la Période Romantique au XIXe siècle, on a vu, à tort ou à raison, le compositeur perdre un peu de sa place prépondérante au profit de celle de l'interprète.

Et que peut on dire du jazz, où l'interprète a non seulement la plus totale liberté d'interprétation de la composition, mais encore la possibilité, voire l'impératif d'improviser à sa guise sur les harmonies du thème ?

Les guerres d'Ecole ne sont pas prêtes de s'éteindre...

UNE INTERPRÉTATION MUSICALE IMMANENTE OU TRANSCENDANTE ?

Le premier stade de l'interprétation musicale, consiste à déchiffrer la partition (ou la grille d'accords en jazz) pour la révéler en sons réels. Car sans perception, sensation auditive, la musique n'existe pas. La partition n'est que le codage de la musique, et l'émotion musicale ne peut s'installer qu'à travers l'audition sonore "physique" de l'œuvre.

Le respect qu'imposent certains grands compositeurs comme BACH ou MOZART pourrait amener l'interprète à ne pas oser jouer leurs œuvres. L'interprétation doit-elle être immanente ou transcendante ?

S'il est vrai que l'interprétation d'une partition, exécutée scrupuleusement, "mécaniquement" "sans âme" (la caricature serait le montage de petits extraits enregistrés absolument irréprochables, tels des fichiers MIDI programmés pas à pas sur PC), ne trahit certes pas la rigueur et l'immanence de l'écriture du compositeur, qu'elle laisse l'auditeur (avec ses possibilités et ses lacunes) libre d'inventer sa propre interprétation, sa propre compréhension de l'œuvre, ce dernier a-t-il alors quelque chance d'être ému ?

Car l'objectif musical fondamental de l'interprète dans sa transcription sonore, n'est-il pas de susciter un enchantement esthétique, à la fois intellectuel, affectif et sensuel ?

C'est pourquoi la meilleure interprétation classique s'attachera à trouver le juste équilibre entre la restitution aussi fidèle que possible de la pensée de l'auteur, et sa transcendance par l'intelligence de l'œuvre.

Les strictes notations de la partition doivent servir l'interprétation musicale, et non le contraire. Aussi l'interprète s'autorisera-t-il à prendre quelques infimes libertés en jouant subtilement avec la durée des notes. Les indications de la partition dicteront aussi au virtuose la limite à ne pas dépasser, avec pour seul juge sa probité intellectuelle et artistique.

L'universalité d'une œuvre passe par son adaptabilité à l'époque à laquelle elle est jouée : cette pensée de PICASSO est sur ce point lapidaire :

"En art, il n’y a ni passé ni avenir. Lorsqu’une oeuvre ne continue pas de vivre dans le présent, elle n’entre plus en ligne de compte".

Aussi l'idée d'une interprétation musicale transcendante, susceptible d'apporter à un manuscrit du passé une meilleure adaptation à la modernité, apparaît comme essentielle. Rendre actuelle une œuvre séculaire, voilà ce qui distingue l'interprète de génie du conservateur de musée. De grands chefs d'orchestre, comme Herbert Von KARAJAN, l'ont compris, eux qui ont ont su apporter à la norme d'interprétation de siècles oubliés, la culture de ceux qui les ont suivi.

Nous verrons que l'art d'interprétation musicale fait appel à de nombreuses techniques. Certaines, relevant de la direction d'orchestre, comme la Sur ou Sous-pondération du rythme, ne seront pas détaillées ici.

Nous nous attacherons tout particulièrement à parler de l'interprétation à la clarinette, instrument qui permet les plus merveilleuses nuances.

INTERPRÉTATION EN MUSIQUE CLASSIQUE

Musique classique interprétation

Une distinction s'impose immédiatement entre l'interprétation en musique classique et jazz :

La musique classique est une musique soigneusement élaborée, dédiée au compositeur et laissant une part relativement ténue à l'interprète : on a même employé le verbe exécuter !

Le son, matériau noble mais impersonnel de la composition doit être émis selon des règles strictes de conservatoire - pur et droit - et cette sobriété peut lui donner une immense grandeur, comme par exemple, dans l'adagio du Concerto pour Clarinette KV 622 de MOZART. L'art d'interprétation se bornera alors à restituer l'immanence de l'œuvre, avec la plus grande musicalité possible. L'interprète de musique classique est toujours subordonné à ce terrible impératif : émouvoir tout en restant captif de l'œuvre !

INTERPRÉTATION EN MUSIQUE DE JAZZ

Jazz interprétation

Le jazz, à l'opposé de la musique classique, est une musique de l'instant. Basé sur le swing, l'expressivité et l'improvisation, cet art vivant et complexe, couleur incontournable de notre siècle, offre cette fois-ci à l'interprète le rôle prépondérant. Le jazz donne en effet la plus totale liberté à son talent imaginatif d'homme et de créateur.

Improvisateur, le musicien de jazz saura broder un contrepoint autour du thème, et cette invention extemporanée sera, il est vrai, réussie ou pas. L'expressivité, comme nous le verrons plus loin, tiendra un rôle capital dans l'interprétation et la manière de faire passer le message musical du jazzman.

   INTERPRÉTATION MUSICALE À LA CLARINETTE

L'interprétation à la clarinette relève des règles générales et de l'art d'interprétation.Cependant les infinies possibilités de l'instrument ouvrent une très large gamme de possibilités.

   EFFETS ET NUANCES DANS L'ART D'INTERPRÉTATION

L'art d'interprétation va faire appel aux effets et aux nuances, parmi une foule de procédés expressifs. En voici quelques uns :

EFFETS D'INTERPRÉTATION

Les effets d'interprétation à la clarinette sont particulièrement saisissants :

Coulé

Dans les notes coulées, le clarinettiste doit s'appliquer à enchaîner les notes sans que l'on puisse déceler la moindre séparation. Les notes sont complètement liées.

Détaché et Staccato

On distingue différentes sortes de détachés s'échelonnant du détaché dans le son au staccato.

Louré

Entre lié et détaché. Le louré est une forte accentuation imprimée au son sans pour autant cesser de le lier.

Vibrato

Variation très rapide du son provoquant un effet dramatique. Le vibrato est très rarement employé dans la musique classique, où le son émis doit être pur et droit. Lorsqu'il est utilisé, le vibrato doit s'accentuer en fin de phrase, sans jamais aller jusqu'au chevrotement. Le vibrato s'emploie dans les motifs expressifs et peut se révéler particulièrement émouvant. En jazz, certains musiciens comme Sidney BECHET ou Claude LUTER usent d'un vibrato très serré, animant leur interprétation d'une vitalité exceptionnelle.

Glissando

Le glissando est le passage dans la continuité d'une hauteur à l'autre, produisant un effet de "fusion" d'une note dans l'autre. En jazz Barney BIGARD est le grand spécialiste du glissando, avec des effets de très bon goût et vraiment saisissants.

Comment effectuer un glissando ?

Le glissando est réalisé en synchronisant travail du son au niveau du bec, et ouverture ou fermeture très progressive de la clef sur la note d'arrivée. Un exemple facile : vous êtes sur le sol clairon, et vous désirez faire un glissando sur le fa : vous détendez les lèvres sur l'anche de manière à faire baisser la note, et vous enchaînez sur le fa, en appuyant très graduellement sur l'anneau. En effet à mesure que le tampon se rapproche du trou, la note descend peu à peu du sol au fa. Bien entendu, il faut travailler la synchronisation des lèvres et des doigts pour arriver à une belle exécution. C'est là qu'intervient l'art de l'instrumentiste pour fondre la note qui disparaît dans celle qui apparaît !

Appogiature

L'appogiature est une note d'ornement, étrangère à l'harmonie qui l'accompagne. Elle prend sa durée sur celle de la note qui la suit. L'interprète doit l'accentuer au début pour la diminuer ensuite.

Mordant

Le mordant est un trille très court sans terminaison, un ornement entre appogiature et trille. Le thème du Concerto d'Aranjuez est construit à partir d'un mordant lentement exécuté.

Trille

Le trille est un ornement consistant en une alternance très rapide et régulière entre deux notes voisines. Pour executer certains trilles très difficiles, le clarinettiste aura recours à des doigtés auxilliaires, dits factices. Le trille doit être brillant et souple, vif et aerien. Pour que les deux notes aient la même intensité, l'interprète s'appliquera à appuyer un peu plus le doigt sur la note brodée.

NUANCES D'INTERPRÉTATION

Nuances de l'arc en ciel

Ce sont les nuances qui font vivre la musique. Les nuances sont étroitement liés à la sensibilité de l'interprète et à son sens de l'art en général. Elles sont comme l'éclairage d'un tableau, avec ses différences d'intensité, de l'extrême éclat du soleil, au noir d'encre d'un ciel sans lune, en passant par les mystérieuses lueurs du clair-obscur.

Pour pouvoir nuancer, l'interprète doit bien entendu d'abord être doué de sensibilité, "être artiste", pour ressentir la nécessité de ces différences d'intensité.

Mais, pour que les doigts obéissent aux sentiments, aux sensations, il lui faut d'abord maîtriser la qualité du son. Celle-ci doit être égale sur toute l'étendue de la gamme, pour ensuite pouvoir être modulée à volonté : pour cela, il faut procéder à l'étude de sons filés, pour savoir passer de piano à forte ou de fortissimo à pianissimo en souplesse et avec pureté et élégance.

LES NUANCES À LA CLARINETTE

La très large plage de dynamique de la clarinette autorise toutes les nuances de l'interprétation.

La partition de clarinette, affiche naturellement des nuances d'interprétation s'échelonnant de ppp "dans le souffle", à "fortissimo". En voici le principales :

pp : pianissimo : très doucement.
p : piano : doucement.
mp : mezzo piano : intermédiaire entre doucement et fort.
mf : mezzo forte : moyennement fort.
f : forte : fort.
ff : fortissimo.
fff : très très fort.

Lorsque l'augmentation ou la diminution de l'intensité du son s'étale sur une grande durée, on parle alors de crescendo, decrescendo ou diminuendo.

rf : Le riforzendo est un crescendo plus rapide, plus brusque.

ppp "dans le souffle" : c'est l'alliance du son émis par l'instrument et du souffle même du clarinettiste, lorsque celui-ci joue "pianissimo".


   NORMES ET CODES D'INTERPRÉTATION DANS LE JAZZ

Nous avons vu que l'essentiel est dédié à l'interprète dans la musique de jazz. Le jazzman est libre d'improviser, de moduler au gré de sa sensibilité et de sa sensualité, à tel point qu'il réinvente presque à chaque instant la musique du compositeur.

LE SWING

Le swing est LA caractéristique essentielle de la musique de jazz. En effet l'interprétation d'un thème où le swing serait absent vaudrait à "l'exécution" une interdiction d'être qualifiée de jazz. C'est bien pourquoi le swing fait naturellement partie des normes de l'interprétation en jazz, au même titre que nuances et effets.

L'EXPRESSIVITÉ

L'expressivité adaptate la technique vocale des chanteurs de blues au jeu instrumental. En effet, les noirs chantent d'une manière extrêmement expressive, utilisant toutes les possibiltés de la voix (Voir : Chanteurs et chanteuses de blues, de Negro Spirituals, de Gospel).

- L'expressivité instrumentale consiste donc à faire "chanter" naturellement les instruments à l'image de ce que peut faire la voix humaine. L'expressivité s'ouvre sur un univers musical extrêmement riche et émouvant, inconnu de la technique de nos conservatoires.

- L'expressivité va utiliser toutes les ressources du travail du son : effets et nuances, vibrato large ou serré, inflexions émouvantes, glissandos, forte ou pianissimo, voire growl, qui concourent à rendre le timbre vivant.

- L'expressivité rend la musique intéressante. En mettant en exergue telle ou telle note, l'interprète éveille la curiosité de l'auditeur, retient son attention. En un mot, l'expressivité est l'une des techniques qui fait "passer la rampe" à l'instrumentiste. Les musiciens noirs utilisent cette technique, naturellement, instinctivement...

FEELING

Le feeling est une des constantes de l'interprétation en musique de jazz. Le feeling est l'extrapolation de l'expressivité, de la sensitivité de l'interprète : ce dernier vit sa musique si intensément, s'éloigne tellement de la partition pour s'enfouir totalement dans la musique, qu'il en résulte un fluide communicatif qui envoûte peu à peu son auditoire.

Le feeling, comme le don musical ne s'apprend pas vraiment, mais l'analyser est une bonne initiation à la comprenension de l'interprétation : quel interprète en effet n'a pas rêvé d'enchanter son public ?

Jouer avec feeling, c'est jouer lobrement avec les temps et le matériau sonore, densifier son énergie ou la relâcher, pour accorder ses vibrations au rythme musical universel.

Si le feeling est l'apanage des musiciens de jazz noirs, il peut être aussi le privilège de rares musiciens blancs. Mais dans ce cas ne dira-t-on pas d'eux qu'ils jouent "noir" ?

"Au conservatoire, je vois des gamins de 18 ans jouer des notes absolument justes sans jamais rien ressentir. Chez eux, rien ne vibre. Je ne cesse de leur dire que leurs notes sont à jeter à la poubelle si elles ne résonnent pas d'un feeling jazzy indispensable. Les jeunes se cachent derrière une partition, un instrument et, quand ils entendent le mot improvisation, ils deviennent livides."

***** Martial Solal

IMPROVISATION

L'improvisation, bien que presque omniprésente dans la musique de jazz, elle n'est pas le critère indispensable pour définir ce genre. En effet, seuls swing et l'expressivité sont les caractéritiques essentielles du jazz. Mais l'improvisation est la suprême liberté que le compositeur lègue à l'interprète.

  L'ART D'INTERPRÉTATION GLOBALE ET LA MUSICALITÉ

Revenons à l'art d'interprétation. Après le travail préparatoire et quelque peu scolaire de maîtrise de l'instrument, l'étude des nuances et la compréhension de l'art musical, l'interprète peut alors commencer à "jouer de la musique".

Car, vous l'avez compris, il ne suffit pas de déchiffrer et d'aligner des notes - même parfaitement exécutées - pour devenir un bon interprète : il faut savoir "faire passer des émotions". Cet art nécessite à la fois concentration, décontraction et tension, ce qui peut sembler paradoxal.

En musique classique, le musicien interprète analysera d'abord l'esprit global de la pièce, essaiera de comprendre et d'embrasser ce qu'a voulu le compositeur. Puis il tentera d'exprimer cet imaginaire avec sa propre personnalité, et toutes les fibres de sa sensibilité.

Le but de l'interprétation est de rendre la musique vivante, actuelle, et de s'attacher à communiquer son enchantement. Le soliste doit recréer le mystère de la musique, en exprimant émotionellement les milliers de sentiments que lui suggère l'œuvre, et qu'il se serait senti incapable de dire avec des mots...

Il mettra une "intention" en chacune de ses notes.

La musique est intimement liée à l'émotion. Elle doit émouvoir pour délivrer son message. Comment atteindre l'auditeur en effet, sans être soi-même sous l'emprise de l'émotion ?

C'est pourquoi l'interprète clarinettiste, n'aura pas honte d'être émotif : tout en maîtrisant son trac il s'investira corps et âme dans ce qu'il joue.

La clarinette se prête merveilleusement à l'interprétation, disons le et redisons le encore : prolongeant le souffle humain, elle pemet les plus subtiles nuances. Elle donne la possibilité au musicien, plus que n'importe quel autre instrument, d'émettre des sons d'une infinie délicatesse : des bruissements, parfois même si ténus, qu'ils sont à peine audibles, ne laissant filtrer que la colone d'air.

Et comme à l'opposé, la clarinette peut s'exprimer avec une extrême puissance, une brillance impressionnante par l'intensité de ses sons resplendissants...

En suggérant une phrase dans un souffle ou au contraire en l'accentuant pour la mettre en valeur, en accélérant ou ralentissant imperceptiblement un trait, en interprétant une ligne avec la plus extrême tendresse ou au contraire avec la plus violente exaspération, le clarinettiste saura insuffler magnétisme et couleur au dessin musical, le rendre expressif et installer ainsi son enchantement.

Le virtuose transcendera cet art en allant plus loin encore : il saura distiller un fluide émotionnel interférant avec celui de son public, comparable à l'amour, où chaque être ne cherche pas seulement le plaisir de l'autre ni le sien propre, mais une élévation conjointe vers une harmonie divine.

Les notes ainsi animées, c'est à dire pénétrées d'âme, se fondront alors dans l'infini universel et pourront alors générer cette poésie cosmique si merveilleuse qu'on appelle la Musique.

"Une musique vraie passe la rampe, et l'émotion sincère touche toujours le public ..."

ENREGISTRER L'INTERPRÉTATION, ECOUTER ET CRITIQUER !

A tous les niveaux, en musique il faut savoir écouter : être très attentif évidemment au jeu de ses partenaires d'ensemble, mais aussi prendre le soin de s'écouter jouer après s'être enregisté. L'enregistrement même avec peu de moyens - plus tard peut-être l'enregistrement en concert ou en studio - permettent d'écouter son jeu de manière critique.

Et il faudra les développer : Certains grands concertistes n'annotent ils pas ainsi point par point qualités et imperfections de leur interprétation à la fin de chaque récital ou concert enregistré, étude méthodique plus efficace, selon eux, qu'un travail classique sur leur instrument ?

Bien sûr alors, toutes les plus grandes joies seront offertes à celui (ou celle) qui maîtrise l'interprétation et sait faire passer et ressentir la Musique !

Jean-Christian Michel en concert

Jean-Christian MICHEL en concert

Un petit conseil au passage pour votre prochain concert de clarinette : Au cours de l'interprétation, il ne faut plus réfléchir, mais seulement anticiper sans crispation : s'abandonner (avec toute sa puissance de concentration) à l'âme de la Musique. Les doigts retrouveront naturellement la magie de l'instinct.

   MASTER CLASS D'INTERPRÉTATION CLARINETTE

La master-class s'adresse à des professionnels, étudiants de haut niveau ou amateurs confirmés, issus des universités et conservatoires nationaux ou régionaux (CNSM, CNR). Des "master-classes" de clarinette passionnantes et conviviales permettent ainsi aux musiciens de bénéficier de l'enseignement du concertiste, tant sur le plan de la technique respiratoire, de la maîtrise de la sonorité, des effets et des nuances, de l'art consommé d'interprétation, ou de l'approche du concert.

(*) Jean-Christian MICHEL est compositeur et clarinettiste. Il a travaillé l'interprétation avec Guy DEPLUS professeur de clarinette au Conservatoire national supérieur de Paris. Jean-Christian MICHEL a joué avec les plus grands noms du jazz comme Duke Ellington, Kenny Clarke, Mezz Mezzow... En dehors de ses concerts, Jean-Christian MICHEL donne des master-class (lorsque son emploi du temps le lui permet !) Ancien chirurgien, compositeur et concertiste mondialement connu, il est sociètaire définitif de la SACEM et a obtenu le prix "Sciences et Culture" à la Sorbonne (6 prix Nobel dans le Jury).

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